Le Credo : la foi chrétienne reçue, proclamée et transmise
Le Credo, du latin credo, « je crois », est la profession de foi des chrétiens.
À la messe, il n’est pas une simple récitation : il est la réponse de l’assemblée à la Parole de Dieu entendue dans les lectures et dans l’Évangile.
Après avoir écouté la Parole, l’Église proclame la foi qu’elle a reçue des Apôtres et qu’elle transmet de génération en génération.
Le mot « symbole » vient du grec symbolon.
Dans l’Antiquité, il désignait un signe de reconnaissance, parfois un objet partagé en deux parties que l’on rapprochait pour manifester une alliance ou une appartenance commune.
Le Symbole de la foi est donc un signe de reconnaissance entre les croyants : il rassemble, en quelques phrases, l’essentiel de la foi chrétienne.
Deux grandes formes du Credo sont utilisées dans la tradition catholique :
le Symbole des Apôtres et le Symbole de Nicée-Constantinople.
Le Symbole des Apôtres
Le credo_symbole_des_apotres est la forme la plus courte et la plus ancienne dans son enracinement baptismal.
Il ne signifie pas que les douze Apôtres l’auraient rédigé mot à mot, mais il exprime la foi apostolique reçue dès les premiers siècles de l’Église.
Il est organisé autour de la foi trinitaire : le Père créateur, Jésus Christ son Fils, mort et ressuscité pour notre salut, et l’Esprit Saint qui vivifie l’Église.
Cette forme du Credo est particulièrement liée au baptême.
Lors de la célébration du baptême, la foi est professée sous forme de questions et de réponses :
« Croyez-vous en Dieu le Père ? Croyez-vous en Jésus Christ ? Croyez-vous en l’Esprit Saint ? »
Le Symbole des Apôtres garde cette simplicité catéchétique et baptismale.
Il est souvent utilisé dans la prière personnelle, dans le chapelet, dans la catéchèse, et il peut aussi être proclamé à la messe.
Le Symbole de Nicée-Constantinople
Le credo_symbole_de_nicee_constantinople est plus développé.
Il est issu des deux premiers conciles œcuméniques de l’Église :
le concile de Nicée en 325 et le concile de Constantinople en 381.
Il porte une autorité particulière parce qu’il a été formulé dans un moment où l’Église devait préciser sa foi face à de graves controverses sur l’identité du Christ et sur la divinité de l’Esprit Saint.
Nicée, 325 : affirmer que le Christ est vraiment Dieu
Au IVe siècle, une crise théologique importante traverse l’Église : l’arianisme.
Arius affirmait que le Fils de Dieu n’était pas Dieu au même titre que le Père, mais une créature supérieure.
Le concile de Nicée, en 325, répond à cette crise en affirmant que Jésus Christ est « vrai Dieu né du vrai Dieu »,
« engendré non pas créé », « consubstantiel au Père ».
Le mot « consubstantiel » signifie que le Fils partage la même nature divine que le Père.
Il n’est pas un être intermédiaire entre Dieu et le monde : il est Dieu, pleinement Dieu.
Le cœur christologique du Credo se trouve là :
Jésus n’est pas seulement un prophète, un maître spirituel ou un envoyé de Dieu.
Il est le Fils éternel du Père, venu dans notre chair pour notre salut.
La foi chrétienne repose sur cette confession :
celui qui est né de la Vierge Marie, qui a souffert, qui est mort et qui est ressuscité,
est vraiment le Fils de Dieu.
Constantinople, 381 : confesser la divinité de l’Esprit Saint
En 381, le concile de Constantinople complète et développe la foi de Nicée, notamment au sujet de l’Esprit Saint.
Le Credo affirme alors que l’Esprit Saint est « Seigneur » et qu’il « donne la vie » ;
avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire.
La foi chrétienne est donc pleinement trinitaire :
un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.
Pourquoi le Credo est-il dogmatique ?
Le Credo de Nicée-Constantinople est dogmatique parce qu’il exprime la foi de l’Église définie par les conciles œcuméniques.
Nicée, en 325, affirme la pleine divinité du Christ.
Constantinople, en 381, confirme et complète cette confession, notamment en précisant la foi en l’Esprit Saint.
Ces textes ne sont pas nés d’un goût abstrait pour les formules compliquées.
Ils ont été composés pour protéger le cœur de la foi chrétienne :
Dieu s’est vraiment révélé en Jésus Christ ;
le Fils est vraiment Dieu ;
l’Esprit Saint est vraiment Dieu ;
et le salut chrétien repose sur cette communion trinitaire.
Dire le Credo, ce n’est donc pas réciter une théorie ancienne.
C’est entrer dans la foi vivante de l’Église,
une foi reçue, méditée, défendue, chantée et transmise depuis les premiers siècles.
Quel Credo dit-on à la messe ?
Dans la liturgie catholique romaine actuelle, la profession de foi est dite les dimanches et aux solennités.
Elle peut aussi être dite lors de célébrations particulièrement solennelles.
Le Credo habituellement proclamé à la messe est le Symbole de Nicée-Constantinople.
C’est celui que beaucoup appellent simplement « le Credo de Nicée »,
même si son texte liturgique complet vient de Nicée et de Constantinople.
Le Symbole des Apôtres peut également être utilisé à la messe,
notamment parce qu’il exprime la foi baptismale de l’Église dans une forme plus brève.
Il est souvent choisi dans certaines paroisses, dans les messes avec des enfants,
pendant le temps du Carême ou le temps pascal,
ou lorsqu’on veut rappeler plus directement la profession de foi baptismale.
Le choix concret dépend du Missel, du temps liturgique, des usages pastoraux et de la décision du célébrant.
Il ne faut donc pas opposer les deux Credo.
Le Symbole des Apôtres est plus bref, plus baptismal et plus catéchétique.
Le Symbole de Nicée-Constantinople est plus développé, plus conciliaire et plus précis sur la divinité du Christ et de l’Esprit Saint.
Les deux proclament la même foi de l’Église.
Pourquoi mettre le Credo sur le site de la paroisse ?
Mettre le Credo sur le site de la paroisse est utile parce que beaucoup de fidèles l’entendent à la messe sans toujours pouvoir le redire facilement.
Certains le savent par cœur, d’autres le lisent discrètement,
d’autres encore le redécouvrent après des années d’éloignement de la pratique religieuse.
Le Credo n’est pas un examen.
Il est une porte d’entrée dans la foi.
Le proposer sur le site de la paroisse permet d’aider chacun à prier,
à comprendre la messe,
à préparer un baptême, une confirmation, une première communion,
ou simplement à reprendre contact avec les mots fondamentaux de la foi chrétienne.
En proclamant le Credo, l’Église ne parle pas seulement au passé.
Elle dit aujourd’hui encore :
nous croyons en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ;
nous croyons que le Christ est venu pour notre salut ;
nous croyons à la résurrection des morts et à la vie du monde à venir.
Sources
Conférence des évêques de France,
Credo : symbole de Nicée-Constantinople :
https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/prier/prieres/369508-credo-symbole-de-nicee/
Conférence des évêques de France,
Credo : symbole des Apôtres :
https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/prier/prieres/372210-credo-symbole-des-apotres/
Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle,
Le Credo de Nicée-Constantinople :
https://liturgie.catholique.fr/la-messe/liturgie-de-parole/299119-credo-de-nicee-constantinople/
Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle,
Pour chanter le Credo de Nicée-Constantinople :
https://liturgie.catholique.fr/musique-liturgique/les-melodies-du-missel-rites-chantes-de-la-messe/313176-pour-chanter-le-credo-de-nicee-constantinople/
Vatican,
Compendium du Catéchisme de l’Église catholique :
https://www.vatican.va/archive/compendium_ccc/documents/archive_2005_compendium-ccc_fr.html
