Le pape Léon XIV à Lourdes : un pèlerin de paix dans les pas de François et de Benoît XVI
Le dimanche 27 septembre 2026, le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes accueillera le pape Léon XIV dans le cadre de son voyage apostolique en France. Cette venue aura une portée particulière : Lourdes recevra une nouvelle fois le successeur de Pierre, après les pèlerinages de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI, venus eux aussi prier dans ce grand sanctuaire marial.
À Lourdes, un pape ne vient jamais seulement comme chef de l’Église catholique. Il vient d’abord comme pèlerin. Il vient rejoindre les malades, les familles, les hospitaliers, les pauvres, les blessés de la vie, tous ceux qui confient à Marie une prière parfois trop lourde pour être formulée. Dans ce sanctuaire, l’Église se montre sous son visage le plus simple : une communauté qui prie, qui accompagne, qui console et qui espère.
Une journée de pèlerinage proposée par nos paroisses
Les paroisses St-Joseph des Falaises et St-Jean Baptiste de l’Uhabia vous proposent une journée de pèlerinage le 27 septembre 2026.
Départ vers Lourdes à 8h du rond-point du Château à Arcangues.
Retour prévu à 22h.
Plus d’informations sont disponibles sur les tracts mis à votre disposition à l’entrée de l’église.
Renseignements et inscriptions
auprès du secrétariat d’Arcangues au 05 59 43 12 65.
Léon XIV, un pape de passage entre les mondes
Élu le 8 mai 2025, le pape Léon XIV, né Robert Francis Prevost, est le premier pape originaire des États-Unis. Son parcours le rend pourtant difficile à enfermer dans une identité nationale unique : né à Chicago, missionnaire et évêque au Pérou, religieux augustinien, responsable au Vatican, il porte en lui plusieurs visages de l’Église universelle.
Cette trajectoire donne à son pontificat une tonalité particulière. Léon XIV n’apparaît pas comme un pape de rupture spectaculaire, mais plutôt comme un pape de passage, de couture, de réconciliation. Il semble vouloir tenir ensemble ce que l’Église contemporaine a parfois tendance à opposer : la tradition et la mission, la doctrine et la proximité, la liturgie et la charité, la gouvernance romaine et l’écoute des périphéries.
Son nom lui-même, Léon, résonne fortement dans l’histoire de l’Église. Il évoque Léon XIII, pape de la doctrine sociale de l’Église, auteur de l’encyclique Rerum novarum, qui a ouvert une réflexion majeure sur la justice sociale, le travail et la dignité humaine. En choisissant ce nom, Léon XIV se place symboliquement dans une lignée attentive aux grands bouleversements du monde moderne.
Dans la continuité du pape François : une Église proche des périphéries
Avec le pape François, l’Église a beaucoup entendu parler des périphéries : périphéries sociales, spirituelles, existentielles. François a rappelé avec force que l’Église ne pouvait pas se contenter de parler d’elle-même, mais devait sortir, rejoindre, écouter, toucher les plaies du monde.
Léon XIV semble recevoir cet héritage sans chercher à l’imiter extérieurement. Là où François avait un style direct, parfois abrupt, très marqué par les gestes simples et les paroles fortes, Léon XIV paraît plus posé, plus discret, plus institutionnel. Mais la préoccupation des plus fragiles demeure. Son expérience missionnaire au Pérou l’a profondément confronté aux réalités de la pauvreté, de l’injustice, des communautés éloignées des centres de décision.
À Lourdes, cette continuité avec François prendra une signification très concrète. Lourdes est précisément le lieu où les périphéries ne sont pas reléguées au bord de l’Église, mais placées au centre. Les malades y sont servis, les fragiles y sont honorés, les pauvres y ont leur place, les larmes y deviennent prière.
Dans un monde souvent tenté par la performance, la vitesse et l’efficacité, Lourdes rappelle que l’être humain ne se résume pas à ce qu’il produit. La venue de Léon XIV peut ainsi être lue comme un signe fort : l’Église ne renonce pas à sa mission de consolation.
Dans le sillage de Benoît XVI : la foi comme profondeur et clarté
La comparaison avec Benoît XVI est également éclairante. Benoît XVI, venu à Lourdes en 2008, avait marqué les fidèles par sa profondeur théologique, son amour de la liturgie et sa manière de rappeler que la foi chrétienne n’est pas seulement une émotion religieuse, mais une rencontre avec la vérité du Christ.
Léon XIV n’a pas le même profil intellectuel que Benoît XVI, grand théologien allemand, mais il semble partager avec lui un goût pour la mesure, la clarté et l’enracinement. Tous deux rappellent, chacun à leur manière, que l’Église ne peut pas vivre uniquement dans l’urgence pastorale ou médiatique. Elle doit aussi prendre le temps de contempler, d’enseigner, de transmettre.
À Lourdes, cette dimension est essentielle. Le message de Lourdes n’est pas seulement affectif ou miraculeux. Il est profondément théologique. Marie y conduit à son Fils. Elle appelle à la conversion, à la prière, à la pénitence, à la confiance. Elle ne remplace jamais le Christ : elle nous tourne vers lui.
En ce sens, la venue de Léon XIV à Lourdes peut être comprise comme une invitation à redécouvrir la profondeur spirituelle du sanctuaire. Lourdes n’est pas seulement un lieu où l’on demande une guérison. C’est aussi un lieu où l’on apprend à se laisser regarder par Dieu, à déposer ses résistances, à entrer dans une foi plus humble.
Un pape de l’équilibre : moins spectaculaire, peut-être plus unificateur
Depuis le début de son pontificat, Léon XIV est souvent décrit comme une figure d’équilibre et d’apaisement. Son profil semble capable de rassurer des sensibilités différentes dans l’Église, tout en poursuivant certains grands axes du pontificat de François : synodalité, justice sociale, attention aux pauvres, dialogue et paix.
Cet équilibre peut être une grâce pour l’Église d’aujourd’hui. Après des années de tensions internes, de débats parfois vifs entre différentes sensibilités catholiques, Léon XIV semble rappeler que l’unité ne consiste pas à gommer les différences, mais à les ordonner autour du Christ.
Lourdes est un lieu idéal pour porter ce message. Dans la foule des pèlerins, il y a des sensibilités très diverses, des histoires très différentes, des manières variées de vivre la foi. Pourtant, tous se retrouvent devant la Grotte. Tous prient le même chapelet. Tous se confient à la même Vierge Marie. Tous viennent, d’une manière ou d’une autre, chercher la paix.
Lourdes, lieu marial et lieu de paix
Le lien de Léon XIV avec Lourdes s’est déjà manifesté avant même cette visite en France. Le 30 mai 2026, à la fin du mois de Marie, il a présidé la récitation du Rosaire pour la paix devant la reproduction de la Grotte de Lourdes dans les Jardins du Vatican.
Ce geste éclaire le sens de sa venue à Lourdes. Le pape ne vient pas seulement honorer un grand sanctuaire français. Il vient inscrire Lourdes dans la prière de l’Église universelle pour la paix. Dans un monde marqué par les guerres, les fractures sociales, les inquiétudes économiques et spirituelles, la prière mariale devient un acte de résistance intérieure.
Prier le Rosaire, ce n’est pas fuir le monde. C’est le porter avec Marie devant le Christ. C’est consentir à une prière pauvre, répétitive, humble, mais profondément enracinée dans l’Évangile. À Lourdes, cette prière prend chair dans les files de pèlerins, dans les processions, dans les messes, dans les gestes silencieux des hospitaliers.
Une visite pour notre temps
Le passage de Léon XIV à Lourdes parlera probablement bien au-delà des seuls catholiques pratiquants. Dans une société souvent fatiguée, inquiète, parfois désorientée, Lourdes demeure un lieu où l’on peut encore venir tel que l’on est. On n’y demande pas d’être fort. On y apprend à se reconnaître pauvre devant Dieu.
C’est peut-être là que le portrait de Léon XIV rejoint le mieux l’esprit de Lourdes. Il n’a ni le style très populaire de François, ni la stature théologique exceptionnelle de Benoît XVI. Mais il semble porter une forme de gravité paisible, une capacité à relier, à apaiser, à remettre l’Église en marche sans l’arracher à ses racines.
Avec François, l’Église a appris à sortir. Avec Benoît XVI, elle a été rappelée à la profondeur de la foi. Avec Léon XIV, elle pourrait être invitée à tenir ensemble ces deux exigences : sortir vers le monde, mais à partir d’un cœur profondément enraciné dans le Christ.
À Lourdes, devant Marie, cette synthèse devient prière. L’Église ne vient pas y chercher une image de puissance, mais une grâce d’humilité. Le pape lui-même, successeur de Pierre, s’y présente comme un pèlerin parmi les pèlerins. Et c’est peut-être cela, au fond, le plus beau portrait d’un pape : non pas un homme au-dessus des autres, mais un serviteur qui marche avec eux vers le Christ.
Sources
Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « Le Pape Léon XIV en visite à Lourdes le 27 septembre 2026 » :
https://www.lourdes-france.com/pape-a-lourdes/
Église catholique en France, « Biographie du pape Léon XIV » :
https://eglise.catholique.fr/vatican/pape-leon-xiv/563736-biographie-leon-xiv/
Vatican, Salle de Presse du Saint-Siège, « Holy Rosary presided over by Pope Leo XIV in the Grotto of Our Lady of Lourdes in the Vatican Gardens », 30 mai 2026 :
https://press.vatican.va/content/salastampa/en/info/2026/05/28/260528b.html
Le Monde, « Léon XIV : les premiers pas d’un pape aux visages multiples », 13 mai 2025 :
https://www.lemonde.fr/international/article/2025/05/13/leon-xiv-les-premiers-pas-d-un-pape-ancre-dans-le-monde_6605650_3210.html
Lydie GOYENETCHE

